De produndis familibus, ou pourquoi je n’assisterai pas aux célébrations du dixième anniversaire de Wikipedia

À écouter en trame de fond, la vidéo suivante1 :

http://www.youtube.com/watch?v=3iis5wgRJdA

La famille, ça va, ça vient. Et des fois, ça va plus loin qu’on le croit, je sais pas d’où ça vient…

Commençons par le commencement, un petit arbre généalogique du côté maternel de ma famille, tel que l’ont connu ma mère, ses frère et sœur, cousins et cousines, jusqu’en 1993 :

Arrière grand-tante patripatrimaternelle
(la sœur du père du père de ma mère)
            Arrière grand-père                 Arrière grand-mère
                           
                                               
                                               
                          Raymond     Renée     Fernand  
                                       
                                               
                                               
                        Jean-Paul   Michèle   Mon papa     Ma maman
                                       
                                               
                                        moi    

Je n’ai pas indiqué les époux et enfants de Fernand, Jean-Paul, et Michèle, ni les frères et sœurs de Renée ou de mon papa, ni les autres tantes de mon grand-père, sinon on ne s’en sortait pas. Pour plus d’informations, cliquez ici.

Mais, me direz-vous, pourquoi dit-il « avant 93 » ? Et c’est quoi ce gros pavé blanc qui pourrit l’arbre généalogique ? Alphos a-t-il eu un petit-frère ou une petite-soeur ? Ce à quoi je réponds « que nenni » ! Voici à quoi ressemble mon arbre généalogique depuis 1993, avec des compléments d’informations dans les dernières semaines :

 
Arrière grand-tante patripatrimaternelle
(la sœur du père du père de ma mère)
            Arrière grand-père                 Arrière grand-mère
                           
        a interdit qu’on parle de lui                            
                                             
  XXXXX5         Mireille           Raymond     Renée     Fernand  
                                 
                                               
        Jean-Claude                                    
                        Jean-Paul   Michèle   Mon papa     Ma maman
                                       
                                               
                                      moi    

Ma mère a appris qu’elle avait un autre oncle, une tante supplémentaire, et un cousin de plus. Comme ça. Pouf.

C’est bizarre, hein, c’est pas le genre de choses qu’on apprend à 43 ans. Ben chez nous, si. Et c’est la raison pour laquelle j’ai indiqué la tante de mon grand-père, et que j’ai laissé un énorme espace vide en-dessous. Pensez bien que je ne me serais pas fait suer à ce genre de facéties s’il n’y avait pas une excellente raison !

Mon arrière grand-tante, Mathilde, ou comme on l’appelait plus fréquemment « 'Ta Hatite » (c’est comme ça que ça se prononce en babil, tout bêtement, n’allez pas chercher trop loin), jouait un peu le rôle de matriarche. Un peu beaucoup même. Le genre main de fer dans un gant d’acier. Elle avait mal pris que mon grand-oncle quitte le giron familial, et encore plus mal qu’il parte de Tunis pour la métropole (oui, à l’époque, la Tunisie n’avait pas encore de dictateur bien-aimé, ni de dictateur mal-aimé).

Imaginez la catastrophe lorsqu’elle a appris coup sur coup par courrier (car il écrivait régulièrement) :

  • qu’il s’était trouvé une femme
  • qu’il s’était engagé dans l’armée
  • qu’il n’avait pas eu le temps ou l’envie d’organiser une cérémonie de mariage avant de partir au combat
  • et qu’il avait du coup eu un fils hors mariage !

La panique était aux portes. L’opprobre guêtait. Pensez donc, dans les années 1940, en Tunisie, le bouche-à-oreille allait bon train, et un scoop pareil ne manquerait pas de passer par toutes les gueules et toutes les esgourdes. L’on s’empressa de limiter au minimum (soit une seule par foyer) le nombre de photos encadrées de lui, et de planquer au fin fond du grenier celles qui n’étaient pas encadrées. L’on décida de ne plus parler de lui. Jamais. À personne. Quitte à mentir. « Et comment va XXXXX5 ? » — « Je ne sais pas, il n’a pas donné de nouvelles depuis qu’il est allé en métropole. » …

Vint 1944. Mon grand-oncle fut déporté à Auschwitz, après un bref passage par Drancy, le 13 avril, par le convoi 716 . Il y mourut. Edit après avoir rencontré le « nouveau » cousin : Il n’est en fait pas mort à Auschwitz même, lors de la marche de la mort précédant la libération du camp par l’Armée Rouge, fin 1944 : quelques déportés avaient réussi à s’écarter du convoi la nuit venue pour se cacher dans la paille d’une grange, mais les soldats allemands les ont trouvés et fusillés sur place le matin même, et la soirée précédant cette nuit fut celle où les témoins restants l’ont vu pour la dernière fois. L’Omerta7 fut alors définitivement scellée. « Au fait, XXXXX5 a donné des nouvelles ? » — « Qui ça ? » …

Dès 1955 commence une grande migration. La famille de mon grand-père, de même que celle de ma grand-mère, se décide à suivre le chemin déjà tracé par XXXXX5, et à déménager, en quelques années, vers Marseille dans un premier temps (depuis Tunis, en bateau, c’est à peu de chose près tout droit vers le nord ; une partie de la famille de ma grand-mère demeurera d’ailleurs sur la côte méditerranéenne), puis vers Paris.

Pourtant, subsistaient les quelques photos encadrées dont j’évoquai la limite en nombre d’une par foyer. Les enfants de Raymond et Fernand les voyaient, ces photos, et vous savez comment sont les enfants : ils posent des questions. Vous savez comment sont les adultes : éreintés par leur travail, épuisés de toujours trouver un moyen pour éluder la question, ils oublient parfois l’Omerta le temps pour un prénom de passer des lèvres. Mais pas plus. Ma mère, sa sœur et son frère, ses cousin et cousine, savaient donc qu’il y avait un XXXXX5 quelque part qui traînait. Mais pas plus. « Et qui c’est XXXXX5 ? » — « C’est personne. Laisse-moi tranquille. » La catastrophe était, pour un temps, évitée : la nouvelle génération ne saurait pas quels errements la génération précédente avait commis.

Edit après la rencontre : Cependant, entre 1947 et 1953, des membres indéterminés de la famille de mon grand-père se sont rendus à Marseille d’abord, d’où provenaient les lettres adressées par mon grand-oncle, puis à Vichy, où la conjointe de XXXXX avait des attaches avant de venir à Marseille pour y travailler (et y rencontrer mon grand-oncle, mais contrairement au travail ce n’était pas prévu ! ) et où ils avaient retrouvé sa trace, et enfin à plusieurs reprises – 3 à 5 – à Ris, où vivaient ses propres parents (ceux de la conjointe, suivez un peu que diable ! ). La consigne de ses parents fut assez claire : « On ne sait pas pourquoi ils sont venus, alors au cas où ils seraient venus pour reprendre le gamin, il vaut mieux le planquer à tout hasard ! ».8 La conjointe de XXXXX, après avoir avorté de l’enfant qu’elle portait de lui en apprenant son décès, se décida dès 1948 à trouver quelqu’un d’autre, et son dévolu se porta sur un Russe ashkénaze, marié de sucroît – et qui le resta jusqu’à son décès -, dont la femme voyait d’un mauvais oeil mais tolérait tout de même l’existence d’un « deuxième bureau » dans la vie de son mari. Lequel homme accepta comme sien son enfant déjà né, et lui permit financièrement de suivre des études.

En 1983, mes parents décident – il était temps, j’allais naître – de mon prénom. XXXXX5. Ma mère en demande la permission9 à mon grand-père, le prénom lui avait plu, et puis elle aime Rogier van der Weyden ; mon père était d’accord pour ce prénom, c’était aussi celui à l’État-civil français du sien, mort en 1960 alors qu’il avait 14 ans – mon père, hein, mon grand-père paternel en avait 46. Mon grand-père maternel, ému et amusé, donne son accord, le sourire aux lèvres et la larme à l’œil. Mais d’explication sur qui pouvait bien être ce XXXXX5 dont on voyait les photos çà et là, point.

Ceci dura longtemps. Jusqu’en Edit après avoir vu le reste de la famille : 1986, lorsque Fernand envoya un dossier au mémorial de Yad Vashem. En 1999, année du décès de mon arrière grand-tante Mathilde, les langues se délièrent un peu. Malheureusement pas par mon grand-père Raymond, celui-ci étant décédé en 1987 ou 1988 ou 1989, je ne me souviens plus avec certitude Edit : comme quoi on a beau avoir 4 ans, on peut tout de même avoir des souvenirs assez précis de quelqu’un… mais c’est vrai que pour les dates, c’est plus dur !, avant sa tante donc. Je me souviens encore un peu de lui, notamment de son gros rire et de ses impatiences – vous savez, ces tics nerveux qui vous font remuer le pied quand vous êtes assis : lui c’était le pied gauche ; je tiens ça de lui, pour le pied droit ça vient du côté de mon père. Pas non plus par XXXXX5, mort à Auschwitz, il ne risquait pas de reprendre contact. Mais par Fernand, qui avait passé une bonne partie des années 1999 et 2000 à fouiller dans les souvenirs, fonds de tiroirs, et sols d’armoires, de sa tante, dont il avait hérité, et avait donc retrouvé les vieilles photos de famille rangées au fond d’une malle planquée derrière des valises et des cartons, sous le double fond, dans la cave.

Il s’était alors décidé à laisser filtrer, à vrai dire depuis 1994, au compte-gouttes dans un premier temps, quelques informations.

  • Il avait un autre frère.
  • L’autre frère était le mouton noir de la famille, par décret avunculaire.
  • L’autre frère était parti sans l’accord de la famille pour des horizons lointains.
  • L’autre frère avait connu une femme.
  • L’autre frère s’était engagé dans l’armée.
  • L’autre frère avait été déporté.
  • L’autre frère était mort dans les camps.
  • L’autre frère s’appelait XXXXX5.

Déclic chez ma mère, qui entend enfin une explication quant à ce XXXXX5 dont personne ne parlait, mais à qui semble-t-il tout le monde pensait. On fait des recherches, et on en apprend pas beaucoup plus.

Information supplémentaire, il y a trois ans : l’autre frère a eu un enfant. Hors mariage. Et on ne sait pas comment il s’appelle, on n’a jamais voulu savoir. On ne sait même pas où il vit, ni même s’il vit encore. On sait juste qu’il est né quelque part sur la Côte d’Azur, vu que les lettres de XXXXX5 venaient de là. Mais bon, son nom de famille est plutôt fréquent, et on ne va pas appeler un par un les milliers de gens qui le portent pour leur demander s’ils sont nés hors mariage d’un homme qui s’appelait XXXXX5 et qui est mort lorqu’ils avaient un an. Ça ne se fait pas, et puis les résultats sont tout sauf garantis.

Fernand se décida peu après à faire graver le nom de son frère au mémorial de Yad Vashem. Edit après la rencontre : Raté, l’inscription à Yad Vashem se fit en 1986, voir plus haut. On pensa trouver à deux reprises l’enfant manquant, qui n’était plus un enfant bien entendu. Un Claude d’abord, Cardiologue de formation. Mon oncle Jean-Paul était passé devant sa plaque, et s’était hasardé à demander si le nom de famille qu’ils partageaient pouvait venir d’un même arrière-grand-père (qui l’aurait donné à Raymond et XXXXX5, suivez un peu ! ). Pas de chance, le père de Claude n’était pas mort dans les camps, et ne s’appelait de toutes façons pas XXXXX5. Puis un autre, dont je ne me souviens pas du prénom, journaliste, éditorialiste, dont la photo en tête d’un de ses pamphlets avait attiré l’œil de ma mère, y’avait comme un air de famille que j’ai pourtant été incapable de remarquer. Jean-Paul l’a contacté lui aussi. Pas plus de chance, il avait pris le nom de sa mère. Qui n’était pas de la famille.

Enfin, il y a quelques semaines, un courrier est parvenu.Edit après la rencontre : la veille de Noël, de son côté, le « cousin perdu » se rend sur le site Internet (c’est beau la technologie quand on commence à s’y mettre) de Yad Vashem, et recherche une dernière fois le nom de son père complété de son lieu de naissance. Il ne trouve que ZZZZ (prénom féminin en français) portant le même nom de famille (mais comme déjà dit, c’est un patronyme plutôt courant), avec le même lieu de naissance. En y regardant de plus près, et notamment la ligne en petits caractères hébreux en-dessous, il se rend compte que le prénom féminin en question n’est en fait que la transcription en caractères latins de la transcription en hébreu du prénom à l’État-civil français de mon grand-oncle, d’ailleurs lui-même une transcription en français d’un prénom hébraïque (je ne sais pas si je me fais bien comprendre…). Il lit donc le dossier déjà déposé, et trouve le nom de Fernand (qui si vous vous souvenez de ce que j’ai écrit il y a quelques paragraphes, avait déposé ledit dossier en 1986). Il envoie un mail au « support technique » du site, espérant pouvoir obtenir l’adresse postale correspondant au nom. Et puis, les fêtes venant, qu’il passe en famille, il n’y repense plus. Le premier janvier, il rallume son ordinateur, sans repenser au mail qu’il avait envoyé, et auquel réponse avait été fournie le lendemain, soit le jour de Noël, qui n’est pas vraiment férié en dehors des pays à dominante chrétienne ! Une manipulation simple lui aurait de fait permis d’accéder à l’adresse de Fernand. Il pense d’abord adresser un courrier à l’adresse indiquée, puis se dit qu’un contact téléphonique serait sans doute plus rapide. Il cherche donc dans l’annuaire – oui, le bête bottin des téléphones, pour les Bouches-du-Rhône, ils étaient presque voisins – le numéro de téléphone d’une personne à ce nom et cette adresse. Qu’il trouve, mais au prénom de Simone. Mais il est minuit, et il se dit qu’il pourrait s’agir de la femme ou de la sœur de Fernand, la qualifiant donc comme personne âgée, et qu’il vraudrait mieux attendre le lendemain matin avant de passer le coup de fil. Il attend donc, sans simplement pouvoir dormir – et j’avoue, c’est le genre de coup de fil qui m’aurait excité comme une puce, moi aussi… – Le 2 janvier, le téléphone sonne donc à 9h du matin chez Simone. C’était Jean-Claude (on était tout de même pas loin avec Claude), un dentiste (vraiment pas loin, on reste dans les professions de santé) à la retraite, qui a eu envie, sa retraite venue, de déposer un dossier pour son père au mémorial de Yad Vashem et à qui on annonça alors qu’un dossier identique en tout point (lieu de naissance, prénom, nom de famille, date de naissance) avait déjà été déposé, quelques années auparavant, par M. Fernand YYYYYY. Edit après la rencontre : Le contact est hasardeux. « Bonjour, Jean-Claude YYYYYY à l’appareil, j’aimerais parler à Fernand YYYYYY si c’est possible. » Pas de chance, Simone, pas très bien réveillée, comprend de travers, et pense en premier lieu à Jean, Claude, dont le prénom d’usage est Jean-Claude, son beau-frère. « Mais Jean-Claude, pourquoi tu veux parler à Fernand ? Tu sais bien qu’il est mort ! » L’explication se fait difficile, mais Simone finit par comprendre que Jean Claude n’est pas la même personne que Jean-Claude, et, toute surprise, donne le numéro de téléphone de sa fille, qui saura sûrement organiser quelque chose, par exemple une rencontre. Échange de coups de fil d’abord – dont celui, quelques instants après avoir raccroché, de Simone à Cathy, pour lui annoncer ce qui venait de se passer et avec qui elle avait discuté10 ; puis celui de Jean-Claude à Cathy le soir même. Échange d’adresses. Échange de photos. De XXXXX5 dans un premier temps (Cathy envoyant celles prises avant son départ de Tunis dont elle avait récupéré une bonne partie à la mort de Fernand, Jean-Claude envoyant celles d’après son déménagement de Nice à Aix). Aucun doute possible, c’est bel et bien le même homme, avec quelques années de plus. Du reste de la famille ensuite. On en reçut de la conjointe de XXXXX5, puis de Jean-Claude enfant, adolescent, et jeune adulte, et force est de constater que XXXXX5 avait plutôt bon goût en matière de femmes – exception faite de la coupe de cheveux, mais je dis sans doute ça parce que la mode capillaire n’était pas la même dans les années 1940 que maintenant ; je ne supporte pas plus les coupes des années 1970 et 1980, pour info… – et que les traits de famille sont plutôt marqués chez Jean-Claude, qui pour le coup a sur une photo quasiment le même visage que Niels il y a une dizaine d’années, ou que XXXXX5 sur une des 7 seules photos qu’on ait de lui en uniforme, ou encore que Raymond à 25 ans. Troublant, vraiment troublant.

Edit après la rencontre : Non moins troublantes, les quelques coïncidences que nous découvrons en discutant plus avant hier soir avec lui :

  • Il a un appartement sur Paris, à quelques minutes à peine à pied de celui de Cathy (Catherine, la fille de Fernand et Simone, donc sa cousine) où nous nous sommes réunis (2 rues vers l’est, une vers le nord, et on parle de petites rues)
  • Il partage d’ailleurs des amis commerçants du quartier avec elle, qui connaissent les noms de famille de l’un comme de l’autre. Le même nom de famille, donc. Mais ils n’ont jamais fait le rapprochement. 5 commerces.
  • Il passait souvent dans ma rue, à une époque (un peu plus loin, je suis à 4 rues au sud et 3 vers l’ouest), mais avant que je m’y installe
  • Même passion tardive que mon père pour le chant. Lui s’est mis à l’opéra en prenant sa retraite il y a 4 ans, mon père il y a deux ans. Mais bon, ils ne sont de la même famille que par alliance, reconnaissons-le…
  • Il pratique une profession de santé, comme mon oncle Jean-Paul (qui a d’ailleurs la même spécialité que mon père, et c’est d’ailleurs comme ça que mon père a rencontré ma mère : Jean-Paul, aidé de sa famille, a joué les entremetteuses entre sa sœur et son collègue et néanmoins ami, sachant qu’ils ont fait une partie de leurs études ensemble – mais c’est une autre histoire)
  • Il vit à Marseille, dans le Panier, non loin d’un oncle maternel (pas le bon côté de ma famille, et pas le même nom de famille non plus donc) de ma mère, au resto duquel sur le Vieux Port il avait déjà mangé – le resto est depuis fermé, mon grand-oncle André ayant pris sa retraite
  • Il déteste les Maths. 'Ta Hatite était prof de Maths dans le Secondaire.

Mais je n’ai pas l’intention de vous embêter plus longtemps avec ma parentèle. J’en viens maintenant au point que j’ai déjà présenté dans le titre de ce billet. Nous sommes 3 dans la famille de ma mère à porter le même prénom. Celui qui a causé tout ce tremblement. Un autre, qui est né avant que commence la catastrophe, et de toutes façons du côté maternel de ma mère. Et moi-même, qui ai été prénommé d’après justement le grand-oncle manquant – même si mes parents n’imaginaient pas à l’époque qu’il manquât un oncle. Si on ajoute la famille de mon père, on monte à 4 avec mon grand-père.

Nous rencontrons Jean-Claude samedi soir. Et vu mon prénom, ma famille verrait d’un très mauvais œil que je ne vienne pas : se plaçant du point de vue du nouveau cousin, on a pas tous les jours l’occasion de rencontrer quelqu’un qui a été prénommé en l’honneur d’un père mort lorsqu’on avait qu’un an, le jour même où l’on rencontre tout un pan (environ 95%) de sa famille pour la première fois. On risquerait même de repartir dans l’Omerta, et d’avoir encore un gamin avec un prénom dur à porter dans une quarantaine d’années. Enfin, à cel près que je n’ai pas deux frères, je suis fils unique. Que je ne suis pas mort. Que je n’ai pas d’enfants. Et que depuis 'Ta Hatite, personne n’a essayé de jouer aux matriarches dans ma famille…

Vous me voyez donc désolés, mais c’est l’exemple-type d’obligation familiale due à une importante bizarrerie, qui fait que je ne peux me soustraire aisément à la soirée que j’ai déjà de prévue demain soir. J’essayerai cependant de vous rejoindre tard dans la soirée, peut-être vers 22h, auquel cas il me faudra de l’alcool pour oublier à quel point ma famille est cinglée 😀

Tout ça pour dire que Plus belle la vie, Les Feux de l’Amour, et Desperate Housewives, c’est rien par rapport à ma famille ! L’année prochaine, j’essayerai de vous faire l’arbre généalogique de la famille du côté de mon père11.

Edit après la rencontre : Et malgré tout, j’ai réussi à me libérer vers 23 heures, et je suis rentré chez moi vers 6h après une nuit consacrée à la rédaction de fiction d’articles de fiction sur des couverts de fiction, dont la célèbre fourchette à une seule pique, celle qui est fourchée du côté du manche et a donc deux manches pour une seule pique : celle-là, particulièrement malaisée d’utilisation, n’est jamais sortie du tiroir de son inventeur !


  1. c’est pas qu’elle est de circonstance, c’est juste qu’elle va bien avec le titre qui lui est de circonstance []
  2. Tiens, d’ailleurs Valérie a la même date d’anniversaire que moi, bizarrement elle ne me l’a jamais souhaité… []
  3. Oui, on sait, c’était même le thème du carton d’invitation pour le quatrième anniversaire du premier, le second ayant eu deux mois peu avant cela. []
  4. après une grossesse éclamptique, que tout le monde sauf moi pensait moins avancée qu’elle ne l’était vraiment, d’ailleurs : le reste de ma famille l’attendait pour mi juillet, il est arrivé mi-juin []
  5. On connaît son prénom, bien évidemment, mais comme c’est aussi le mien j’ai choisi de ne pas l’indiquer [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] [] []
  6. Le même que Simone Veil, par hasard []
  7. Je sais, ma famille n’est pas corse, mais c’est une tradition qui se retrouve en bien des endroits sur le pourtour méditerranéen. []
  8. A posteriori, ce qui est d’une certaine manière terrible, c’est le comportement des deux familles, l’une cherchant à protéger sa réputation et ostracisant donc l’un des leurs, puis tentant de renouer le contact se heurtant à un mur auprès de l’autre, de peur d’un conflit autour de la garde de l’enfant. Je me demande si un tel comportement se reproduirait de nos jours, ça a de quoi faire réfléchir… []
  9. sisi, j’vous jure []
  10. Oui, c’est le téléphone arabe. N’insistez pas, elle a déjà été faite par Pascal Légitimus dans un sketch des Inconnus []
  11. Je vous préviens, y’a encore plus de monde, ils ont tous ou presque eu des enfants, et les relations familiales entre individus sont sacrément plus compliquées que du côté de ma mère : on a des beaux-frères-cousins, ainsi que des belles-soeurs-nièces. Je vous aurai prévenus ! []

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